jeudi 5 juin 2014

POKADO : UNE AUTRE VICTIME DU JEU DE MASSACRE ?


Dans le cadre de sa politique de rejet systématique des projets lancés par l'équipe municipale précédente, le nouveau maire à annoncé dans la presse, sans concertation, sa décision d'annuler le permis de construire de l'opération HLM de Pokado à Locmaria.

Il est vrai que cette opération ne fait pas l'unanimité parmi les riverains, mais c'est presque toujours le cas pour des projets de ce type, où les arguments d'urbanisme masquent bien souvent le rejet égoïste du voisinage de populations moins favorisées. En l'occurrence, le projet Pokado, qui a connu plusieurs avatars, est désormais parfaitement conforme au PLU, lui même dans la pure continuité, sur ce secteur, du POS adopté avant 2001: les recours gracieux des voisins mécontents n'auraient en réalité aucune chance d'aboutir. Bien plus les promoteurs du projet, Lorient Habitat et Lorient Agglomération, auraient d'excellentes raisons d'attaquer la décision du maire avec les meilleures chances de gagner leur procès.

Il faut rappeler à cet égard que l'opération ne coûte pas un centime à la commune puisque, contrairement à certaine société HLM très active à Groix avant 2001, Lorient Habitat n'a pas pour habitude de faire acheter le terrain par la commune pour se le faire rétrocéder gratuitement, ni de laisser à la charge de celle-ci le traitement des abords.

En revanche, tant Lorient Agglomération que Lorient Habitat ont déjà supporté des coûts au titre de cette opération, que ce soit pour l'achat du terrain ou la préparation du projet, ce qui justifierait de leur part de ne pas accepter la décision du maire. Au demeurant celui-ci, vice-président de Lorient Agglomération, président de la commission des finances et rapporteur du budget paraît bien peu soucieux des deniers publics dont il a la charge à ce titre.

N'oublions pas que l'hypothèse d'un nouveau projet de même nature, mais comportant un nombre de logements réduit, n'est pas crédible : en raison notamment du coût du terrain, l'équilibre financier de l'opération est hors d'atteinte avec moins de six logements.

Sur le fond L'opération Pokado présente de sérieux avantages : elle crée des logements à bas coût, bien nécessaires sur l'île, dans une zone urbaine, donc sans extension de l'urbanisation ; elle contribue à l'installation à Locmaria d'une population permanente et donc d'une animation très souhaitable dans ce village où la densité de résidences secondaires, fermées la plus grande partie de l'année, atteint un niveau excessif. A cet égard il est à craindre qu'en cas d'arrêt du projet le terrain soit revendu à un ou plusieurs acheteurs privés pour finalement accroître le nombre de ces résidences secondaires.

En résumé, décision injustifiée, contraire aux intérêts de la population permanente de l'île et tout particulièrement à la part la moins favorisée de cette population, contraire aussi à une vision de l'urbanisme qui limite l'extension des zones construites et des coûts qui en résultent pour la commune.