mardi 1 juillet 2014

Intox


La longue et brillante carrière administrative puis politique de Monsieur Dominique Yvon lui a permis d'acquérir, non seulement une solide expérience de la gestion communale, mais également une remarquable maîtrise des techniques de communication. Il ne manque pas une occasion de le rappeler à ceux qui pourraient en douter. C'est pourquoi l'erreur ou l'incompétence ne sauraient expliquer les rumeurs qui sont largement relayées par ses amis partout où elles peuvent bénéficier d'un auditoire crédule.

La plus grossière des contre-vérités qui alimentent ces rumeurs concerne la situation financière de la commune. On ne saurait faire l'injure à ceux qui la répandent - ou tout au moins au premier d'entre eux - de penser qu'ils confondent état de la trésorerie et situation financière de la commune. Il ne peut donc s'agir que d'une intoxication volontaire de l'opinion, savamment répétée jusqu'à atteindre des personnes de bonne foi, afin de discréditer l'équipe sortante et de constituer l'argumentaire qui permettra de justifier l'abandon des projets lancés et l'absence de projets nouveaux.

Il devrait pourtant être clair, même pour des non-spécialistes des finance communales, que le décalage dans le temps entre les dépenses d'investissement et les subventions qui sont versées après constatation de ces dépenses entraîne nécessairement un besoin de trésorerie.

Il est certes moins facile de faire comprendre que ce besoin de trésorerie n'est pas constant mais lié au cycle de réalisation des projets d'investissement avec un pic en fin de cycle lors de l'exécution des travaux. A ce titre, ce pic doit être couvert non par des recettes définitives, prélevées au final sur les contribuables, mais bien par des avances temporaires consenties par les banques. Car l'alternative serait un supplément de fond de roulement qui resterait inemployé (et non rémunéré) pendant la plus grande partie du cycle suivant.

Plutôt que d'essayer d'expliquer honnêtement les raisons pour lesquelles le besoin de recourir à une avance de trésorerie est une situation normale, il est évidemment beaucoup plus facile et avantageux pour une équipe nouvelle de faire croire à une situation catastrophique léguée par l'équipe précédente, ce qui permettra ensuite de justifier par de prétendues contraintes financières tout ce qu'on n'aura pas pu ou pas voulu faire.

Pour faire bonne mesure, on peut même voter contre un compte administratif conforme au compte de gestion à 60 centimes près, sans même prendre la peine d'expliquer la raison de ce vote, si ce n'est le rejet de principe de la gestion précédente (un « acte politique(1) »). Il serait évidemment difficile d'invoquer un déficit de ce compte, qui clôture en excédent, ou de trouver des anomalies dans les relations entre les comptes de la commune et ceux du port. Au demeurant aucune référence n'est faite à un avis de la commission des finances, dont on se demande d'ailleurs à quoi elle sert.

Que l'autorité préfectorale décide ensuite d'appliquer la procédure et de saisir le chambre régionale des comptes avec pour conséquence un blocage temporaire de l'exécution du budget n'est pas un problème : c'est toujours ça de gagné sur la réalisation des projets en cours et sur l'entretien du mythe de la situation financière catastrophique.

Notre excellent maire pratique également, mais avec moins de brio, l'art de manipuler les chiffres. Ainsi, pour tenter de dénier le taux de subvention obtenu par l'équipe sortante sur le pôle enfance, il n'hésite pas à mettre en avant le rapport entre le montant des subventions et le coût TTC de l'équipement, pariant sur le fait qu'un grande partie du public ignore que la TVA sur les investissements est compensée par le bien nommé « fond de compensation de la TVA» (FCTVA), versé par l'Etat, et que par conséquent le seul taux de subvention significatif est le rapport entre le montant des subventions et le coût hors taxes de l'équipement.

L'incompétent

(1) une acte qui reste sans précédent à Groix car voter contre n'a pas du tout les mêmes conséquences que l'abstention