dimanche 28 septembre 2014

La Population Groisillonne est décidée à se battre

Samedi dernier, le public réuni à la salle des fêtes de Groix pour entendre les élus municipaux rendre compte de leur rencontre avec le président du Conseil général à propos de l'avenir des liaisons maritimes dépassait très largement la capacité du lieu. De nombreux résidents secondaires s'étaient joints aux habitants permanents et n'ont pas été les derniers à rejeter une certaine forme de défaitisme qui semblait imprégner les propos du maire. De fait les mesures annoncées sont tout simplement inadmissibles, qu'il s'agisse de la suppression des tarifs réduits pour les résidents secondaires, les enfants de résidents, les morbihannais et pour les véhicules des transporteurs installés sur l'île ou de la réduction à quatre, au lieu de cinq, des rotations quotidiennes de navires en dehors de la saison d'été. Car toutes ces mesures auraient, si elles étaient appliquées, des conséquences mortelles sur l'économie de l'île et l'évolution de sa population, sans oublier les suppressions d'emplois qui accompagneraient inévitablement la réduction du service.

Il est donc inadmissible de baisser les bras et puisque le président Goulard est, au dire des élus qui l'ont rencontré, hermétique à toute discussion ou contreproposition la seule possibilité est d'engager une épreuve de force. Décision à donc été prise, à l'issue de deux heures et demie d'un débat mettant aux prises la détermination manifeste du public face à une curieuse réticence que le maire a fini par abandonner, d'organiser une manifestation de masse au conseil général lundi 6 octobre prochain. A cette date le maire est invité par le conseil général à venir discuter des horaires, un sujet hors de propos dès lors que le nombre de rotations prévues n'est pas acceptable, mais cette rencontre fournit l'occasion de faire une démonstration de la combativité de la population, de proposer une action commune aux autres îles, et de soutenir avec force des contrepropositions raisonnables.

A cet égard les élus ont présenté des options qui méritent mieux que l'empressement qu'ils semblent mettre à les enterrer face à l'obstination de Monsieur Goulard.

  • Il s'agit tout d'abord de prolonger d'un an le contrat en cours avec la Compagnie Océane pour se donner les moyens de travailler dans la sérénité et la transparence à l'élaboration d'un cahier des charges tenant compte des attentes et des contraintes de l'ensemble des parties prenantes et reposant sur des objectifs clairs. Plusieurs considérations militent en faveur de ce moratoire : Tout d'abord il est fortement question que la compétence en matière de transports maritimes soit transférée à partir de 2016 du département à la région. Par ailleurs des doutes sérieux existent quant à la régularité de la mise en concurrence au terme de laquelle seul le titulaire actuel de la délégation de service public est resté en lice pour la conclusion d'un nouveau contrat. Outre la question de la conformité de l'appel d'offres à la législation se pose celle de l'opportunité de traiter à nouveau avec un prestataire qui n'a pas rempli, et de loin, les engagements qu'il avait pris pour obtenir le marché lors du précédent appel d'offre et dont les pertes affichées conduisent à s'interroger sur les motivations réelles de sa candidature1 

  • Il s'agit ensuite d'étudier sérieusement une solution alternative à la délégation du service à une entreprise privée. Car si le partenariat avec Véolia s'est révélé particulièrement peu satisfaisant, il y a de bonnes raisons de craindre que, les mêmes causes produisant les mêmes effets, il en soit de même avec une autre société privée. D'autres solutions existent : la régie directe c'est à dire la gestion en direct des liaisons maritimes par un service du département (ou de la région si elle lui est substituée); mais aussi la création d'une société d'économie mixte dont le premier actionnaire serait le titulaire de la compétence (département ou région) mais où d'autres collectivités, et notamment les communes insulaires, pourraient détenir des parts et être représentées au conseil d'administration.

Le conseil d'administration de notre association réuni en urgence ce dimanche à décidé d'apporter le soutien sans réserve de l'association à l'exigence d'un moratoire d'un an et au principe de rechercher la meilleure solution alternative à la délégation à une entreprise privée.

Concrètement et dans l'immédiat nous appelons tous les adhérents et sympathisants à participer en masse à la manifestation organisée par la mairie à la demande de la population à Vannes lundi 6 octobre à midi et pour cela à s'inscrire en mairie sur les listes de participants dès leur ouverture (en principe mardi 30) et à réserver sans tarder leurs places sur les bateaux. Nous prévoyons de mettre en place des moyens d'identification de notre groupe (banderoles, badges). Nous prendrons des contacts avec les autres îles en vue de leur proposer de participer à cette manifestation.

A cet égard il est intéressant de noter que le sujet des liaisons maritimes et de leur impact sur l'économie des îles est à l'ordre du jour de la prochaine réunion de l'association des îles du Ponants qui se tiendra à L'île d'Yeu vendredi 3 octobre et laquelle Groix sera représentée notamment par Martine Baron. Les résultats de cette rencontre seront de nature à alimenter la suite des réflexions sur ce sujet vital.


1Il est en effet plus que probable que ces pertes n'en sont plus lorsqu'on passe au niveau des comptes consolidés du groupe Véolia car les facturations internes et les subtilités de la législation fiscale ont parfois des effets surprenants.