vendredi 21 novembre 2014

Réunion publique

Et après ?

Après le vote de la DSP, qu’allons-nous faire ?


Réunion Publique
Dimanche 23 novembre 2014, 15h00, Salle des Fêtes de Groix



Association « Iles en Danger »
Collectif de défense de l'avenir des îles du Morbihan
Collectif insulaire pour la défense des usagers des transports maritimes


jeudi 20 novembre 2014

Un non-évènement

Le vote de la DSP imposé par le rouleau compresseur de la majorité départementale mardi 18 novembre ne règle pas le problème des liaisons maritimes entre les îles et le continent. Le scénario économique qui sous-tend le contrat qui va être signé n'est absolument pas crédible. La compagnie qui s'apprête a reprendre le service a perdu en moyenne un million par an au cours des six années du précédent contrat et a enregistré une chute de la fréquentation des navires au total et plus particulièrement du fait des usagers payant pleins tarifs. Car ces pleins tarif sont déjà, et depuis longtemps, trop élevés.

On voudrait nous faire croire que désormais la fréquentation va repartir à la hausse avec des tarifs encore plus chers, appliqués désormais à une catégorie plus large d'usagers (visiteurs, mais aussi résidents secondaires et enfants d'insulaires). Et ce ne seront certainement pas quelques baisses minimes en périodes creuses qui feront la compensation. On voudrait nous faire croire que les charges vont baisser, notamment les charges de personnel grâce à des départs en retraite non remplacés (?) : un scénario souvent promis mais qui ne se réalise jamais. Et grâce à toute cette prestidigitation la compagnie Océane prétend désormais qu'elle va faire du profit et même peut-être en reverser au département.

Ce miracle ne se réalisera évidemment pas. Il faut au contraire s'attendre à une prolongation de la série des pertes enregistrées dans le passé. Dans un an, dans deux ans au plus, la compagnie aura été de nouveau renflouée par sa maison mère – son capital social atteint à peine le quart de ses pertes annuelles historiques – et Transdev ou Véolia aura déjà commencé à manier le chantage au dépôt de bilan pour revoir à la hausse la contribution du département, c'est à dire du contribuable. D'autres exemples sont là pour nous en convaincre.

C'est pourquoi nous avons désormais à nous consacrer au même travail que celui que nous aurions eu à faire si un moratoire avait été obtenu : bâtir une alternative crédible et durable à la fausse solution que constitue la DSP telle qu'elle a été votée par le conseil général. Il s'agit notamment de créer les conditions d'un véritable service public de transport maritime entre les îles et le continent, mais aussi d'inverser totalement la stratégie commerciale à l'égard des usagers ne relevant pas du service public. Les délimitation de cette catégorie reste d'ailleurs à définir et on peut légitimement défendre l'idée que, comme pour les transports collectifs terrestres, l'ensemble de l'activité relève du service public. Mais, à supposer que le maintien d'une activité de nature purement commerciale soit justifié, ce n'est certainement pas avec des hausses de tarifs que l'on peut inverser une tendance lourde de baisse de la fréquentation.


En définitive l'épisode du vote de la DSP est un non-évènement puisqu'il ne modifie en rien l'agenda qui aurait été le nôtre si la DSP n'avait pas été votée.

François Péchon

lundi 17 novembre 2014

Lettre de la présidente du Conseil de Vie Sociale

Marie-José Jacquet
Présidente du Conseil de Vie Sociale 
EHPAD
Route de Créhal
56590 Groix Conseil Général
Département du Morbihan

Groix, le 17 novembre 2014



Mesdames et Messieurs les Conseilleurs Généraux,

Au titre de Présidente du Conseil de Vie Sociale, et moi-même résidente, de l’EHPAD de Groix, je me permets d’attirer votre attention sur le sort des personnes âgées qui m’entourent.

Quelle petite part de bonheur peuvent-elles espérer du peu de vie qui leur reste si ce ne sont les rencontres avec leur famille. Leurs enfants, petits-enfants, arrière-petits-enfants doivent pouvoir bénéficier d’un tarif leur permettant de venir à Groix aussi souvent que possible.

Par ailleurs, le transfert des personnes malades ou handicapées entre l’île et le continent est extrêmement compliqué (pas de VSL, pas d’infirmerie adaptée à bord des bateaux). Le transport des personnes allongées ne respecte souvent pas la dignité des résidents.
Je vous demande donc instamment de ne pas voter en l’état une DSP de transport maritime qui ne ferait qu’aggraver l’isolement de nos personnes âgées.

Veuillez agréer l’expression de mes sentiments distingués.



Marie-José Jacquet - 85 ans
Présidente du Conseil de Vie Sociale
et résidente de l’EHPAD de Groix



Paru dans Ouest France le 17/11 en page "Morbihan"


Ultime lettre aux conseillers généraux

Cette lettre à été adressée ce matin par messagerie à tous les conseillers généraux dont nous avons l'adresse :

 Groix, le 17 novembre 2014

Mesdames et Messieurs les Conseillers Généraux,

Votre président ne vous dit pas tout à propos des conditions dans lesquelles il a négocié le renouvellement de la délégation de service public avec la compagnie Océane. Il a avoué récemment, lors d'une interview publiée par Ouest France le 8 novembre dernier, que la maison mère, Transdev, n'était pas très « chaude » pour reconduire le service. Sa candidature a donc été obtenue à l'issue de tractations. Et cela n'a rien d'étonnant, car l'actuel délégataire a constamment perdu de l'argent au cours des six dernières années et n'est certainement pas dupe des projections de compte d'exploitation qu'il a présentées à l'appui de son dossier. Les chiffres présentés ne sont pas crédibles et il le sait. Il s'apprête donc à nouveau à perdre de l'argent sur cette activité malgré l'augmentation de la contribution du département.

S'il accepte une telle perspective, ne pensez-vous pas qu'elle s'accompagne de compensations sur d'autres activités? Transdev et Véolia contrôlent toutes sortes de services dans le département : transports collectifs terrestres, traitement des ordures ménagères, distribution de l'eau. Il n'est donc pas difficile de trouver une façon discrète d'intéresser le groupe à la reconduction d'une activité de service public qui demeurera incapable de dégager par elle-même un profit commercial. Il suffit pour cela de consolider les pertes avec les profits attendus ailleurs en compensation.

Il reste que le procédé manque pour le moins de transparence et que ni la démocratie ni les principes sur lesquels reposent les règles de mise en concurrence n'y trouvent leur compte. Il reste également que les habitants des îles sont pris en otage et servent de monnaie d'échange pour des tractations qui ne les concernent pas.

Les raisons qui devraient vous inciter à refuser le projet de DSP soumis à votre vote mardi prochain ne manquent pas. Elles vous ont été exposées à plusieurs reprises par les différents porte-parole des populations mises en danger par ce projet. Mais l'aveu du président relatif aux difficultés qu'il a rencontrées pour convaincre l'exploitant de renouveler son contrat devrait, quant à lui, susciter votre méfiance quant aux engagements que le département a pu prendre à votre insu pour surmonter ces difficultés.

Confiants dans votre dévouement à la défense des intérêts de vos électeurs, nous vous prions d'agréer, Mesdames et Messieurs les Conseillers Généraux, l'expression de notre haute considération.

Le Collectif Insulaire

dimanche 16 novembre 2014

Goulard avoue

« L’exploitant actuel était non seulement le seul candidat, mais il n’était pas chaud pour reconduire le service. Transdev peut fort bien se retirer du maritime. Que ferions-nous ? »
François Goulard dans un entretien à Ouest France samedi 8 novembre
C'est un aveu. Ce que l'on soupçonnait fortement est maintenant confirmé : il y a bien eu tractation avec Transdev pour que la société accepte de renouveler une délégation qui lui a fait perdre de l'argent et lui en fera certainement perdre de nouveau pour les mêmes raisons : une politique commerciale et tarifaire complètement inadaptée à la réalité.

Mais qui dit tractation dit contrepartie : « passe moi de la rhubarbe et je te donnerai du séné ». Il reste à découvrir ce que le président du conseil général a promis en échange de la chaleur retrouvée par Transdev pour « reconduire le service ».
Au passage cela en dit long également sur la réalité de la mise en concurrence.
FP

Manifeste des grévistes de Groix

Parce que les iliennes et les iliens sont des gens joyeux, nous avons manifesté dans la bonne humeur et cela a été tourné en dérision par ceux qui menacent la vie de nos îles. Non, notre action n'est pas une kermesse, n'en déplaise à ceux qui ont osé prononcer ce mot ! En entamant une grève de la faim nous signifions que le temps de la bonne humeur est passé, que notre colère est montée d'un cran et que nous répondons désormais à la violence par la violence, même si aujourd'hui nous avons choisi de la diriger contre nous-mêmes.

Notre combat n'a pas changé de cible : le projet de délégation de service public qu'une partie des conseillers généraux veulent nous imposer est inacceptable en l'état et la seule façon de le repenser dans la sérénité est de prolonger d'un an la délégation en cours, même si les dispositions de celle-ci sont loin d'être satisfaisantes.

Nous dénonçons la désinformation entretenue par le président du conseil général pour justifier son refus de toute discussion sur la prorogation du contrat en cours :
  • Non, le projet de DSP tel qu'il est proposé au vote des conseillers généraux n'est pas la seule solution ; c'est tout le contraire : il n'est que la poursuite en pire du contrat actuel et il ne peut que conduire aux mêmes dérives avec au final, et sans doute très rapidement, la faillite de la compagnie Océane ou l'accroissement non maîtrisé de la contribution du département.
  • Non, la prorogation d'un an du contrat actuel ne fait prendre aucun risque au conseil général : il en a le droit et le coût ne saurait dépasser celui qu'il supporte chaque année depuis 6 ans, puisqu'il s'agit du même contrat.
  • Non, la compagnie Océane ne risque pas de se désengager prématurément : Transdev et Véolia ont trop d'enjeux bien plus importants sur le département pour prendre le risque d'un conflit avec le conseil général.

Nous appelons les conseillers généraux à ne pas se laisser intimider par les pressions de leur président et à ne pas accepter de voter aveuglément un dossier que la plupart n'ont pas eu le temps d'examiner avec toute l'attention qu'il mérite. Nous interpelons tous ceux qui ont refusé de recevoir les représentants de notre collectif. Le temps presse : par égard pour la faiblesse qui est désormais la nôtre, qu'ils viennent à Groix nous rencontrer et nous entendre.

                               Cathy                     Chantal                       Karine

jeudi 13 novembre 2014

VIOLENCE

Fidèles à la tradition des femmes de marins, les groisillonnes ont été, depuis le début, le fer de lance des manifestations contre le projet de délégation de service public imposé par le président du conseil général. Cette mainmise féminine a permis jusqu'à présent d'éviter des débordements. Même les actions les plus spectaculaires contre les locaux de la compagnie océane ont épargné les biens les plus sensibles et sont restées dans les limites d'un chahut sans conséquence grave.

Avec la décision de trois de ces femmes d'entamer une grève de la faim, l'action a désormais changé de nature. C'est en effet la violence qui domine désormais le mouvement de protestation. Que cette violence soit actuellement dirigée par ces femmes contre elles-mêmes ne change rien à sa nature et il est à craindre qu'elle ne s'arrête pas là. En refusant toute concertation, en répondant à la contestation par le mépris, le président du conseil général est directement responsable de cette violence qui, une fois déclenchée deviendra vite incontrôlable.

Une premier pas avait été franchi par les forces de l'ordre vendredi dernier avec l'emploi de bombes lacrymogènes directement braquées sur le visage des manifestants les plus proches. Cette provocation a sans doute contribué à ouvrir les vannes du recours à la violence.

Imbu d'une autorité dont il a tendance à oublier qu'elle émane du peuple et non des connexions que son parcours lui a assuré, au plus haut niveau, avec les principaux centres de décisions du pays, le président du conseil général est-il encore capable d'entendre la voix de la raison et de différer une décision qui ne peut que mettre le feu aux poudres ? On peut encore l'espérer. Il n'appartient qu'à lui d'annoncer qu'il retire le projet de DSP de l'ordre du jour de la prochaine session du conseil général et qu'il met en place une commission de concertation réunissant toutes les parties prenantes.


Non seulement il évitera ainsi à trois mères de famille de continuer à mettre leur santé en danger, mais surtout il montrera qu'il est capable d'écouter et de se montrer ainsi digne de la confiance de ceux qui l'ont élu.

François Péchon

mercredi 12 novembre 2014

lundi 10 novembre 2014

Transports maritimes : prenons un peu de recul

Partout en Europe, la desserte maritime des petites îles proches du continent est pour beaucoup d'entre elles le seul moyen de transport leur permettant de bénéficier, comme d'autres territoires, d'échanges avec leur environnement, qu'il s'agisse des déplacements de personnes ou du transport des marchandises. Sauf à remettre en cause la légitimité de la vie sur ces îles, il faut admettre que les contraintes de l'insularité justifient une desserte maritime relevant de la solidarité qui caractérise le service public. En effet, en dehors de quelques rares cas particuliers, une approche commerciale de cette desserte se heurte à l'impossibilité de répercuter sur les usagers l'intégralité – voire même la plus grande part - du coût de celle-ci.

Comme pour tout service de transports en commun, et plus encore pour la desserte des îles puisqu'il n'existe pas d'alternative de transport individuel, les liaisons maritimes doivent présenter une fréquence suffisante pour répondre à des besoins diversifiés. Ceci implique notamment des passages en heure creuse, dont le taux de remplissage sera faible, mais qui sont néanmoins nécessaires à la couverture de l'ensemble des besoins des usagers. En ce qui concerne les visiteurs occasionnels, qui sont les clients potentiels d'une offre commerciale, il ne faut pas sous-estimer la sensibilité de la demande aux prix. Dans la plupart des cas, la répercussion intégrale du coût du transport sur le prix des billets aurait un effet dissuasif sur une large proportion de ces visiteurs. Or ceux-ci constituent par ailleurs une part importante de la clientèle des activités économiques insulaires. Le service de desserte maritime des îles est donc avant tout une infrastructure publique, dont l'utilité ne peut être évaluée qu'en fonction de l'ensemble de ses retombées économiques et sociales, tant sur les îles que sur le continent.

Bon nombre de ces îles présentent un attrait touristique qui ne doit pas faire illusion. Pour la plupart de leurs habitants elles ne sont pas le paradis qu'imaginent les visiteurs estivaux. Le choix d'y résider, d'y faire vivre les services indispensables, et de rendre ainsi possible l'accueil des visiteurs, implique l'acceptation de nombreuses contraintes par leurs habitants permanents. La prise en charge collective de légitimes compensations à ces contraintes, grâce au financement public des liaisons maritimes, doit être assurée à un niveau territorial suffisant pour être acceptée par les contribuables concernés.

Le différend actuel entre les populations des îles du Morbihan et une partie de la majorité du conseil général de ce département met en évidence l'inadaptation du niveau départemental à la prise en compte d'une problématique d'aménagement du territoire qui relève d'une vision plus globale, de niveau au moins national, voire européen. L'idéologie libérale qui imprègne les options politiques de la majorité départementale du Morbihan, conjuguée avec des contraintes budgétaires et des enjeux électoraux à court terme, conduit certains élus locaux à des choix qui marginalisent le service public et ignorent le concept même d'aménagement du territoire. La délégation de service public retenue par le président du conseil général du Morbihan apparait de plus en plus clairement comme une façon de se débarrasser d'une responsabilité moyennant un versement forfaitaire à une entreprise privée. Cette défausse, dénoncée par l'opposition, est un aveu d'incompétence qui met en évidence l'inadaptation du niveau départemental à la mission que l'Etat lui a confiée dans ce domaine.

Les pratiques tarifaires qui ont caractérisé les précédents contrats de délégation de service public et notamment celui qui arrive à échéance fin 2014, ont déjà causé d'importants dégâts à l'économie insulaire : des tarifs globalement trop élevés et mal ciblés, des horaires et des fréquences mal adaptés aux besoins et aux attentes des usagers ont provoqué une baisse très sensible de la fréquentation des îles ; à cela s'ajoutent des options techniques contestables pour le transport des marchandises, options certes anciennes, mais qui débouchent en pratique sur une facturation très excessive de ce transport par le délégataire. Faute de concurrence, le délégataire sortant a été en position de négocier un nouveau contrat qui ne corrige en rien les défauts du précédent mais qui, au contraire, les aggrave dans des proportions souvent démesurées. C'est l'origine d'un conflit dont le conseil général n'avait pas prévu l'ampleur et qu'il ne parviendra pas à désamorcer par des aménagements de détail.

La politique à long terme qui décidera de l'avenir démographique et économique des îles ne peut rester tributaire d'une vision strictement locale et à court terme du rôle de ces îles. Elle doit s'appuyer sur une volonté claire de maintenir durablement la vie sur les îles. La nécessité d'une intervention publique à cette fin est de même nature que celle qui caractérise les territoires ruraux impropres à une agriculture industrialisée. Si l'on veut éviter le dépeuplement de ces territoires et l'afflux dans les villes de leurs jeunes habitants réduits au chômage, il faut les faire bénéficier de diverses formes de discrimination positive en matière de services publics. Les politiques correspondantes peuvent être mises en œuvre de façon décentralisées à condition d'être encadrées par des règles claires, qui en fixent les orientations. Ce serait une erreur de croire que la décentralisation facilite toujours la concertation et l'écoute des citoyens : le comportement du président du conseil général du Morbihan en fait la démonstration.

Les sort des îles n'est pas seulement un sujet d'intérêt local. Il ne doit donc pas dépendre de l'idéologie de quelques élus locaux.

FP 

Pour en savoir plus sur la positions de la commission européenne :


mercredi 5 novembre 2014

Cherchez l'erreur

Le projet de DSP qui sera soumis sous peu au vote des conseillers généraux n'est bon pour personne :

  • il n'est pas bon pour les îles : inscrit dans la continuité de la délégation précédente, dont il aggrave le niveau déjà trop élevé des tarifs pratiqués, il ne peut qu'accélérer la baisse de la fréquentation touristique, élément moteur de l'économie des îles et condition de leur vitalité démographique ;
  • Il n'est pas bon pour le conseil général qui s'apprête à augmenter sa contribution financière pour un service public dégradé, en provoquant un mécontentement généralisé de la population insulaire et un déclin des îles qui constituent l'un des principaux attraits touristiques du département;
  • il n'est pas bon pour la société délégataire, la compagnie Océane, qui continuera, comme par le passé, à perdre de l'argent année après année faute d'avoir compris la nécessité d'une réforme radicale de sa politique commerciale et de ses modalités de fonctionnement ;
  • il n'est pas bon pour le personnel de cette compagnie qui risque de subir des réaffectations, voire même des licenciements, du fait de la réduction programmée de la fréquence des rotations de navires ;
  • il n'est pas bon enfin pour Transdev, société mère du délégataire,  et le groupe Véolia qui sont déjà englués dans la faillite de la SNCM et devront continuer à renflouer chaque année la compagnie Océane dont le capital ne représente que le quart des pertes annuelles enregistrées ces dernières années.

On se demande qui sont les bénéficiaires potentiels de ce que le simple bon sens identifie comme une mauvaise décision, et pourquoi un nombre encore important de conseillers généraux, qui sont pourtant des personnes responsables et soucieuses du bien public, persiste à vouloir voter le projet de DSP sans même accepter d'entendre nos arguments. 

François Péchon

samedi 1 novembre 2014

Confiance perdue : pas d'accord possible

Les arguments justifiant le rejet du projet de DSP par la population des îles ne manquent pas et ont tous été présentés oralement ou par écrit en maintes occasion. Il en est un cependant qu'aucune concession de M. Goulard ne saurait désarmer : les motivations aussi bien de Véolia-Transdev que du président du conseil général sont incompréhensibles.

Pourquoi un délégataire qui affiche et prétend avoir perdu de l'argent tous les ans depuis qu'il a pris en charge le service est néanmoins candidat à la poursuite de cette activité dans des conditions globalement similaires ? Pourquoi le président propose-t-il de renouveler la confiance du conseil général à ce prestataire qui non seulement a été constamment dans le rouge mais n'a en outre par rempli les objectifs sur lesquels il s'était engagé ?

Comment voudrait-on, dans ces conditions, que la population ait confiance dans la pérennité des aménagements de tarifs grâce auxquels M. Goulard espère faire retomber la pression ? Tout porte à croire au contraire que, les mêmes causes produisant les mêmes effets, ce qui est concédé aujourd'hui sera remis en cause demain en raison du renouvellement des pertes de la compagnie.

La méfiance s'est installée faute de transparence dans le processus d'élaboration de la future DSP. La volonté de passer en force, au mépris des populations concernées, a renforcé les doutes sur les motivations réelles des protagonistes du contrat. Le simple bon sens suscite de tels doutes.

S'ajoute à cela un contexte d'affaires dans lesquelles le rôle de Transdev et plus généralement de Véolia est montré du doigt : au premier rang de ces affaires figure évidemment la faillite de la SNCM qui dessert la Corse. Mais aussi le nombre croissant de cas où les pratiques de Véolia sont condamnées par l'autorité de la concurrence. Même s'il en avait le droit, le conseil général n'aurait pas dû accepter de poursuivre la négociation sur la future DSP alors qu'un seul candidat avait répondu à l'appel d'offre, surtout quand celui-ci est connu pour son habileté à décourager ses concurrents.


La méfiance des iliens n'est pas prête d'être dissipée. Au contraire le risque d'actions violentes ne cesse d'augmenter. On peut néanmoins espérer qu'un nombre suffisant de conseillers généraux sauront résister aux pressions exercées par leur président et rejetteront le projet soumis prochainement à leur vote. Le comportement du délégataire sera ainsi soumis à l'épreuve de vérité. S'il refuse de coopérer à une remise à plat du dossier, il fera alors la preuve que ses motivations justifiaient la méfiance des iliens et qu'il ne méritait pas la confiance du conseil général.

FP