samedi 1 novembre 2014

Confiance perdue : pas d'accord possible

Les arguments justifiant le rejet du projet de DSP par la population des îles ne manquent pas et ont tous été présentés oralement ou par écrit en maintes occasion. Il en est un cependant qu'aucune concession de M. Goulard ne saurait désarmer : les motivations aussi bien de Véolia-Transdev que du président du conseil général sont incompréhensibles.

Pourquoi un délégataire qui affiche et prétend avoir perdu de l'argent tous les ans depuis qu'il a pris en charge le service est néanmoins candidat à la poursuite de cette activité dans des conditions globalement similaires ? Pourquoi le président propose-t-il de renouveler la confiance du conseil général à ce prestataire qui non seulement a été constamment dans le rouge mais n'a en outre par rempli les objectifs sur lesquels il s'était engagé ?

Comment voudrait-on, dans ces conditions, que la population ait confiance dans la pérennité des aménagements de tarifs grâce auxquels M. Goulard espère faire retomber la pression ? Tout porte à croire au contraire que, les mêmes causes produisant les mêmes effets, ce qui est concédé aujourd'hui sera remis en cause demain en raison du renouvellement des pertes de la compagnie.

La méfiance s'est installée faute de transparence dans le processus d'élaboration de la future DSP. La volonté de passer en force, au mépris des populations concernées, a renforcé les doutes sur les motivations réelles des protagonistes du contrat. Le simple bon sens suscite de tels doutes.

S'ajoute à cela un contexte d'affaires dans lesquelles le rôle de Transdev et plus généralement de Véolia est montré du doigt : au premier rang de ces affaires figure évidemment la faillite de la SNCM qui dessert la Corse. Mais aussi le nombre croissant de cas où les pratiques de Véolia sont condamnées par l'autorité de la concurrence. Même s'il en avait le droit, le conseil général n'aurait pas dû accepter de poursuivre la négociation sur la future DSP alors qu'un seul candidat avait répondu à l'appel d'offre, surtout quand celui-ci est connu pour son habileté à décourager ses concurrents.


La méfiance des iliens n'est pas prête d'être dissipée. Au contraire le risque d'actions violentes ne cesse d'augmenter. On peut néanmoins espérer qu'un nombre suffisant de conseillers généraux sauront résister aux pressions exercées par leur président et rejetteront le projet soumis prochainement à leur vote. Le comportement du délégataire sera ainsi soumis à l'épreuve de vérité. S'il refuse de coopérer à une remise à plat du dossier, il fera alors la preuve que ses motivations justifiaient la méfiance des iliens et qu'il ne méritait pas la confiance du conseil général.

FP