jeudi 13 novembre 2014

VIOLENCE

Fidèles à la tradition des femmes de marins, les groisillonnes ont été, depuis le début, le fer de lance des manifestations contre le projet de délégation de service public imposé par le président du conseil général. Cette mainmise féminine a permis jusqu'à présent d'éviter des débordements. Même les actions les plus spectaculaires contre les locaux de la compagnie océane ont épargné les biens les plus sensibles et sont restées dans les limites d'un chahut sans conséquence grave.

Avec la décision de trois de ces femmes d'entamer une grève de la faim, l'action a désormais changé de nature. C'est en effet la violence qui domine désormais le mouvement de protestation. Que cette violence soit actuellement dirigée par ces femmes contre elles-mêmes ne change rien à sa nature et il est à craindre qu'elle ne s'arrête pas là. En refusant toute concertation, en répondant à la contestation par le mépris, le président du conseil général est directement responsable de cette violence qui, une fois déclenchée deviendra vite incontrôlable.

Une premier pas avait été franchi par les forces de l'ordre vendredi dernier avec l'emploi de bombes lacrymogènes directement braquées sur le visage des manifestants les plus proches. Cette provocation a sans doute contribué à ouvrir les vannes du recours à la violence.

Imbu d'une autorité dont il a tendance à oublier qu'elle émane du peuple et non des connexions que son parcours lui a assuré, au plus haut niveau, avec les principaux centres de décisions du pays, le président du conseil général est-il encore capable d'entendre la voix de la raison et de différer une décision qui ne peut que mettre le feu aux poudres ? On peut encore l'espérer. Il n'appartient qu'à lui d'annoncer qu'il retire le projet de DSP de l'ordre du jour de la prochaine session du conseil général et qu'il met en place une commission de concertation réunissant toutes les parties prenantes.


Non seulement il évitera ainsi à trois mères de famille de continuer à mettre leur santé en danger, mais surtout il montrera qu'il est capable d'écouter et de se montrer ainsi digne de la confiance de ceux qui l'ont élu.

François Péchon