jeudi 4 décembre 2014

L'avenir est entre nos mains

L'heure n'est plus aux manifestations qui font plus de tort aux commerçants insulaires qu'à la compagnie Océane et constituent une aubaine pour des agitateurs dont les visées politiques sont totalement étrangères à la défense de nos îles

L'heure n'est plus à des règlements de comptes dont la caractère sordide le dispute à la puérilité. Le manque de courage d'une élue plus soucieuse de déterminer avec qui elle vote que pourquoi elle vote ne justifie pas de tels débordements.

Et sans doute, l'heure n'est même plus à l'interpellation de l'autorité préfectorale au titre du contrôle de légalité. L'immobilisme qui a suivi l'annonce par le ministre chargé des transports d'une mission de médiation confiée au Préfet laisse prévoir le peu de cas que ce même Préfet fera d'une telle interpellation.

L'heure est à un travail sérieux sur les possibilités d'attaquer en justice la décision du conseil général et plus encore à une étude approfondie permettant de proposer une alternative durable au montage bancal imposé par le conseil général. Car ce montage ouvre sans doute à court terme des possibilités de négociations tarifaires pour le transport de marchandises, qui n'entre pas dans le cadre de la délégation de service public, mais il ne faut pas se faire d'illusion : l'interlocuteur de ces négociations, la compagnie Océane, n'est pas suffisamment solide pour garantir la pérennité des accords qui pourraient être obtenus.

On découvrira peut-être un jour les vraies raisons pour lesquelles M. Goulard s'est entêté à vouloir à tout prix confier à nouveau la desserte des iles à un opérateur dont l'incompétence en matière de transports maritimes n'était plus à démontrer. Mais quoi qu'il en soit les mêmes causes produiront très vite les mêmes effets : une exploitation déficitaire qui provoquera un conflit avec le conseil général renouvelé après les élections du printemps prochain et apportera la preuve du manque de sincérité du scénario financier présenté à l'appui de l'offre de la compagnie Océane.

Or que ce soit à la suite d'une annulation du contrat pour cette raison ou d'un dépôt de bilan de la compagnie que son actionnaire ne serait pas en mesure ou refuserait de renflouer, il faudra, sans doute dans un proche avenir, avoir suffisamment travaillé pour pouvoir proposer un dispositif capable d'assurer la continuité et surtout l'amélioration du service public de desserte des îles. Il ne faut compter que sur nos propres forces pour réunir les compétences nécessaires à ce travail et c'est pourquoi le grand mouvement unitaire inter-iles que constitue l'association « iles en danger » est un outil fondamental.

Quant à l'action sur le terrain elle doit se concentrer désormais sur l'interpellation des futurs candidats aux élections départementales de mars prochain : rencontres avec ces candidats, présence active à leurs réunions électorales. Tout doit être fait pour tenter d'empêcher la reconstitution d'une majorité départementale – quelle qu'elle soit – qui n'aurait pas pris l'engagement d'un partenariat constructif avec les représentants des usagers des transports maritimes.

François Péchon