lundi 19 janvier 2015

AU TRAVAIL !

Le transfert à la région de la compétence en matière de transports maritimes à partir de 2016 est en bonne voie. Un amendement en ce sens vient d'être voté au Sénat. Celui-ci est, selon l'usage, consulté avant l'Assemblée Nationale sur les textes relatifs aux collectivités territoriales. On peut donc s'attendre à ce que les députés confirment cette option.

La précipitation du président du conseil général du Morbihan à faire voter la DSP sans prendre le temps d'une concertation avec les usagers s'explique sans doute en partie par l'attente d'une telle décision. Dans la perspective d'un transfert de compétence, la seule chose qui importe au département est de minimiser l'allocation compensatoire qu'il sera tenu de verser pendant plusieurs années à la région : cette allocation sera calculée sur la base du coût du transport maritime constaté dans le dernier budget du conseil général avant le transfert.

Or il ne faut pas se laisser impressionner par le soi-disant effort consenti par le département du fait du montant de la subvention accordée à la compagnie Océane dans le cadre de la nouvelle DSP : c'est, sinon une goutte d'eau, du moins un effort sans commune mesure avec celui qu'il aurait dû faire pour mettre en place un service public digne de ce nom. La principale crainte de M. Goulard était sans doute d'entrer dans une négociation qui aurait mis sur la place publique les véritables enjeux de la desserte des îles et la disproportion entre les moyens qu'il accepte d'y affecter et les conséquences économiques et sociales de sa politique en la matière.

En outre peu lui importait la fragilité financière de la compagnie : l'essentiel était que celle-ci puisse tenir assez longtemps pour que le département puisse retirer son épingle du jeu et laisser à la région le soin de ramasser les pots cassés.

Si la loi est finalement votée en conservant l'amendement adopté par le Sénat, les prochaines élections départementales perdent de leur importance pour les iliens. Ce sont les candidats aux régionales prévues en décembre qu'il faudra interpeler. Et ce délai supplémentaire nous donne le temps, si nous savons le mettre à profit, d'être en mesure de faire des propositions concrètes solidement argumentées.

Au travail !

FP