mardi 31 mars 2015

Ne pas se tromper de débat

 
Une action en justice contre la délégation de service public (DSP) votée par le conseil général du Morbihan ne peut produire d'effet que si elle parvient à démontrer que cette DSP est illégale. Qu'elle soit injuste, contraire à certaines valeurs ou illogique ne sauraient constituer des arguments devant un tribunal. Or cette illégalité est extrêmement douteuse, à l'exception, peut-être, de quelques détails sans grande conséquence qui sont de ce fait insuffisants pour justifier une annulation par le juge.

Le problème ce n'est donc pas que la DSP soit illégale, c'est au contraire qu'elle soit légale, c'est-à-dire conforme à la législation en vigueur. Le problème c'est cette législation. C'est pourquoi ce n'est pas devant les tribunaux que la bataille se joue mais devant les institutions législatives nationales et plus encore européennes. Il ne faut donc pas se tromper de cible. Ce qui est en cause c'est le statut des îles en tant que territoires accueillant des résidents permanents. Il devrait être inscrit dans la loi que la compensation de la contrainte que constitue l'insularité en matière de déplacements relève de la solidarité nationale à travers un service public de desserte maritime financièrement accessible à tous, résidents et non résidents. Actuellement cette desserte est principalement une activité commerciale avec une dérogation tarifaire pour les seuls résidents permanents. C'est à l'évidence insuffisant pour assurer aux îles les conditions d'une activité économique durable sans laquelle elles sont condamnées à se dépeupler.

Cette activité économique, qui ne doit pas se limiter au tourisme, exige également que l'occupation du sol ne soit pas figée par une application exagérément restrictive de la loi littorale. Le littoral du continent bénéficie d'un arrière pays pouvant accueillir les activités et les développements urbains interdits de séjour à proximité immédiate de la mer. Les îles sont dos à la mer et n'ont donc pas cette ressource. L'enjeu est ici encore le statut des îles : la loi doit devrait reconnaître que les communes insulaires sont dans une situation différente de celle des communes du littoral continental. Et à nouveau ce n'est pas devant les tribunaux que cette singularité peut être défendue. Le rôle des tribunaux est d'appliquer la loi : une loi qui ne reconnaît pas actuellement cette singularité.

Les principes du libéralisme économique, devenus la pensée unique des gouvernements européens, impliquent la libre concurrence entre les territoires et le rejet de toute discrimination positive pour compenser les handicaps géographiques. Il est vrai que quelques timides avancées ont été faites par l'Union Européenne dans le sens d'une politique d'aménagement du territoire favorable aux îles. Mais ces avancées ne sont pas traduites dans le droit national. Au jeu de la libre concurrence, les îles n'ont aucune chance. Elles sont vouée à accueillir, au mieux, une fréquentation touristique saisonnière et des activités commerciales associées, donc également saisonnières. La vie sur les îles à l'année devenue quasiment impossible, la question des tarifs insulaires ne se poserait même plus. Les petites îles bretonnes ne sont déjà plus très loin de ce funeste devenir. Mais les plus grandes suivront. C'est donc contre ce processus qu'il faut lutter. Un processus inéluctable si la législation n'évolue pas.

Faire évoluer la législation est une tâche ardue. Il faut entreprendre un travail de lobbying s'appuyant sur une communication forte et cohérente qui exige une solidarité sans faille de l'ensemble des populations concernées. Il faut parvenir à susciter, bien au delà des seuls insulaires, l'intervention de porte-paroles faisant autorité. C'est une action politique de grande ampleur. Le mot politique ne renvoie ici à aucune option partisane mais seulement à sa signification première : poser clairement les termes des choix pour l'avenir et obtenir qu'ils soient pris en considération par le législateur.

jeudi 26 mars 2015

POLITIQUE FICTION

Monsieur Yvon, par la voix du blog de son association, déplore que les quelques 350 électeurs groisillons qui ont voté dimanche pour les candidats des partis de gauche n'aient pas choisi de voter pour lui, qui n'avait pas hésité à se déclarer de gauche. De fait, les chiffres montrent qu'il aurait ainsi dépassé sur l'ensemble du nouveau canton le score réalisé par le tandem UMP-MODEM et aurait été présent au deuxième tour face aux candidats du PS.

Il pense sans doute que, dans ce cas, les électeurs de droite du canton n'auraient pas oublié à quelle famille politique il appartient depuis toujours, malgré ses déclarations récentes et, soucieux avant tout de battre le candidat de la majorité présidentielle, auraient voté en masse pour le binôme Sol-Caubel / Yvon, lui permettant de remporter l'élection au second tour.

On peut encore poursuivre la politique fiction un peu plus loin : subjugué par le talent de rassembleur de Monsieur Yvon, les nouveaux conseillers départementaux n'auraient peut-être pas hésité à l'élire au fauteuil de président : c'est en tous cas ce qu'aurait mérité un homme capable de dépasser les clivages politiques au point de faire croire aux uns qu'il est de gauche et aux autres qu'il est de droite, selon les circonstances.

Les 350 électeurs groisillons des partis de gauche auraient-ils raté une occasion sans précédent de bousculer le paysage politique de la France ?

Revenons à la réalité : en ne donnant pas de consigne de vote, Monsieur Yvon sait bien quelle est la sensibilité dominante de son électorat et à qui iront dimanche prochain la majorité des voix qu'il a obtenues dimanche dernier. Faute de pouvoir être lui-même candidat, il vote donc pour Monsieur Goulard.

François Péchon

300 VOIX

 
«Il suffisait de presque rien, peut être 300 voix de plus pour que je te dise …»



Dimanche soir et ensuite dans les médias locaux M. Yvon s'est exprimé pour dire sa satisfaction du score réalisé dimanche par lui-même et son binôme Isabelle Sol-Caubel lors de l'élection des conseillers départementaux nouvelle version. Sans un nouveau découpage territorial qui supprime le canton de Groix pour l'intégrer à Lorient-sud, M. Yvon aurait avec un pareil score conquis un nouveau mandat électoral.

Depuis octobre et durant toute la période qui a suivi, toutes les parties concernées: Mairie, Associations de tous bords, ont insisté sur l'importance de ne pas s'abstenir et faire un bon choix pour Groix, le bon choix en l'occurence, étant celui des candidats de gauche puisque ce sont les seuls à avoir voté contre la DSP, donc pour la défense des intérêts et le mieux-être des Groisillons. Notre maire, dans un grand élan de résistance contre l'oppresseur de droite, représenté par le président du conseil général Mr Goulard, n'ayant pas hésité à se déclarer de gauche pour la circonstance en a été récompensé.

Certes 62,05% c'est un score qui fait rêver, mais cependant 62,05% de 48,80% de suffrages exprimés n'en fait quand même pas un plébiscite comme il se plait à le faire croire.

En 2014, M. Yvon a été élu avec 1032 voix sur 1855 votants. En 2015 il réalise 788 voix avec 1307 votants. Moins d'un an après où sont passés les 548 votants (30%) qui ne se sont pas déplacés dimanche 22/03 et qui l'ont empêché de faire le plein de ses voix et de faire plaisir à son adjoint qui voue aux gémonies les ingrats abstentionnistes continentaux qui attendent vainement leurs cartes insulaires?

Denise Jacquemin

lundi 16 mars 2015

Une affiche d'Iles en Danger


  
merci à Willem pour le dessin

samedi 14 mars 2015

SANS COMMENTAIRE

Article 1er : La requête de l’association Citoyens Contribuables de Touraine et de M. et Mme Maingaud est rejetée.

Article 2 : L’association Citoyens Contribuables de Touraine et M. et Mme Maingaud verseront la somme de 1 200 euros au département du Morbihan et la somme de 1 200 euros à la société Compagnie Océane au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à l’association Citoyens Contribuables de Touraine, à M. et Mme Daniel Maingaud, au département du Morbihan et à la société Compagnie Océane.

Fait à Rennes, le 12 mars 2015