jeudi 26 mars 2015

POLITIQUE FICTION

Monsieur Yvon, par la voix du blog de son association, déplore que les quelques 350 électeurs groisillons qui ont voté dimanche pour les candidats des partis de gauche n'aient pas choisi de voter pour lui, qui n'avait pas hésité à se déclarer de gauche. De fait, les chiffres montrent qu'il aurait ainsi dépassé sur l'ensemble du nouveau canton le score réalisé par le tandem UMP-MODEM et aurait été présent au deuxième tour face aux candidats du PS.

Il pense sans doute que, dans ce cas, les électeurs de droite du canton n'auraient pas oublié à quelle famille politique il appartient depuis toujours, malgré ses déclarations récentes et, soucieux avant tout de battre le candidat de la majorité présidentielle, auraient voté en masse pour le binôme Sol-Caubel / Yvon, lui permettant de remporter l'élection au second tour.

On peut encore poursuivre la politique fiction un peu plus loin : subjugué par le talent de rassembleur de Monsieur Yvon, les nouveaux conseillers départementaux n'auraient peut-être pas hésité à l'élire au fauteuil de président : c'est en tous cas ce qu'aurait mérité un homme capable de dépasser les clivages politiques au point de faire croire aux uns qu'il est de gauche et aux autres qu'il est de droite, selon les circonstances.

Les 350 électeurs groisillons des partis de gauche auraient-ils raté une occasion sans précédent de bousculer le paysage politique de la France ?

Revenons à la réalité : en ne donnant pas de consigne de vote, Monsieur Yvon sait bien quelle est la sensibilité dominante de son électorat et à qui iront dimanche prochain la majorité des voix qu'il a obtenues dimanche dernier. Faute de pouvoir être lui-même candidat, il vote donc pour Monsieur Goulard.

François Péchon